jeudi 3 octobre 2013

Pervers narcissiques et manipulateurs: "Pourquoi agissent-ils ainsi?"


Pervers narcissiques et manipulateurs: "Pourquoi agissent-ils ainsi?"

Par (Express Yourself), publié le

Naît-on pervers narcissiques ou le devient-on en grandissant? Et pourquoi? Yvane Wiart, chercheuse spécialiste du sujet, répond aux interrogations des lecteurs de L'Express Styles.

Pervers narcissiques et manipulateurs: "Pourquoi agissent-ils ainsi?"
"Mais pourquoi ces pervers manipulateurs agissent-ils ainsi? Sont-ils nés comme ça ou ont-ils appris à le devenir? Selon la manière dont on répond à ces questions, on envisage ou non une rédemption possible, ou plus prosaïquement une prise en charge thérapeutique, avec un espoir de succès, et ce n'est pas rien", explique Yvane Wiart.

Getty Images/Design Pics RF/thinkstock

L'étiquette de pervers narcissique (PN) est devenue très à la mode, au point de sembler être la seule susceptible de retenir l'attention lorsque l'on parle en réalité de violence psychologique. Il n'y a pas si longtemps, on ne qualifiait de pervers que le pervers sexuel et on finissait même par en rire avec le Pervers Pépère de Gotlib. Concernant la violence dans le couple, on évoquait les maris violents et les femmes battues, car seule la violence physique semblait susceptible d'être reconnue comme faisant des victimes.
C'était une manière très étroite de concevoir la violence interpersonnelle et les dégâts qu'elle entraîne. Mais aujourd'hui, on semble tout mélanger, violence physique et violence psychique sous l'appellation pervers narcissique, ce qui peut être ennuyeux car s'il est vrai que la violence physique s'accompagne toujours de violence psychique, l'inverse n'est pas vrai. Un homme, aussi bien qu'une femme on a tendance à l'oublier, peut être violent psychologiquement sans jamais commettre d'agressions physiques.
Ces réflexions m'ont été inspirées entre autres par les commentaires laissés par les internautes en réaction à mon article pervers et manipulateurs: comment leur échapper? et je tiens à remercier celles et ceux qui ont pris la peine de poster ces textes. Ceux-ci contiennent un autre type d'interrogations: ces personnes violentes font-elles ou non exprès d'être agressives, en sont-elles nécessairement conscientes et tirent-elles un plaisir d'agir ainsi avec autrui? Si oui, il s'agit alors de sadiques et on court le risque de renvoyer la victime au masochisme de demeurer sous l'emprise de tels personnages, ce qui n'est pas forcément très heureux.

"Sont-ils nés comme ça?"

Qualifier quelqu'un de pervers narcissique est une condamnation morale de sa personne et pas seulement de ses comportements. L'individu est jugé intrinsèquement mauvais, pervertissant les règles de bonne conduite sociale. Il est narcissique car il semble ne penser qu'à lui, se servant d'autrui pour obtenir satisfaction de ses propres besoins, transformant l'autre en objet devant se comporter selon son bon vouloir, dans une absence totale de reconnaissance et d'empathie pour ce qu'il lui fait vivre. Mais pourquoi ces pervers manipulateurs agissent-ils ainsi? Sont-ils nés comme ça ou ont-ils appris à le devenir? Selon la manière dont on répond à ces questions, on envisage ou non une rédemption possible, ou plus prosaïquement une prise en charge thérapeutique, avec un espoir de succès, et ce n'est pas rien.
Ceux qui ont l'habitude de me lire et qui commencent à avoir une idée assez claire de la manière dont fonctionne l'attachement, se douteront sans doute de ma réponse, mais il me paraît utile de la détailler dans ce cas précis. Bowlby, créateur de la théorie de l'attachement, n'est pas le seul psychiatre à avoir évoqué la notion de dissociation, ou de clivage, pour expliquer le genre de phénomène typique des descriptions de pervers narcissiques, anges en public et démons en privé, chic type ou nana sympa toujours prêt(e) à rendre service, conjoint idéal, qui se métamorphose en son inverse sans prévenir et le plus souvent à huis clos. Mais d'où vient cette dissociation?
Lorsque les parents ne satisfont pas les besoins relationnels d'écoute, de compréhension et de soutien de leur enfant, celui-ci peut rarement se permettre de leur en vouloir en proportion de la souffrance qu'il ressent. Il ne peut pas non plus les fuir, pour se tourner vers d'autres personnes susceptibles de satisfaire ce besoin d'attachement, car il est assez peu courant d'avoir des parents de rechange. Le psychisme humain est alors ainsi conçu que lorsqu'une menace à son bien-être pèse sur lui, il a la capacité de s'anesthésier pour oublier la douleur et continuer à supporter au maximum une situation à laquelle il ne peut échapper.
Le mécanisme consiste ici pour l'enfant à séparer automatiquement et inconsciemment l'image négative de ses parents, de l'image positive qu'il tient à conserver d'eux afin que cela soit vivable pour lui. Cette image positive sera d'autant plus étayée chez lui que ses parents auront pris soin de justifier leur comportement d'abus et/ou de négligence affectifs, voire physiques, en culpabilisant leur enfant ou en les justifiant comme mesures éducatives pour son bien.
Ce fonctionnement psychique dissocié ou clivé se maintient à l'âge adulte, en l'absence de toute remise en cause, déclenchée généralement par une amélioration des conditions de vie permettant de mettre le passé en perspective. Il aboutit à l'alternance de deux types de comportements et de discours, selon les circonstances et les personnes en présence. D'un côté l'individu fait preuve d'une attitude charmante et charmeuse, pour s'attacher les bonnes grâces d'autrui, selon les mêmes modalités efficaces dans son enfance pour obtenir celles de ses parents ou éviter leur rejet. De l'autre, par imitation de l'attitude et des agissements de ses parents maltraitants envers lui, il duplique ce qu'on lui a fait subir et qu'il a dû apprendre à trouver normal, voire bon pour lui.

"Repérer l'agressivité de ses proches et la sienne propre n'est pas toujours évident"

C'est cette intériorisation du côté acceptable, voire positif, de ce qu'il a enduré, qui le rend complètement imperméable aux protestations et à la souffrance de sa victime et qui lui donne cet aspect sadique, continuant contre vents et marées. Voici une anecdote, anodine en apparence, illustrant ce principe. La scène se passe dans un bar où j'ai été invitée à boire un verre en soirée par une copine et un ami à elle, homme absolument charmant selon ses dires et que j'appellerai Tom.
À notre arrivée sur place, je commence par contrarier Tom en suggérant que l'on s'installe à une table éloignée de la bouche de climatisation, qui souffle un petit air glacé. Il se rend à ma demande, non sans m'avoir fait remarquer qu'il ne fait pas si froid que ça et que l'on est moins bien placé. La soirée se poursuit de manière tout à fait conviviale, jusqu'au moment où il m'ôte brusquement le gilet que j'avais fini par me mettre sur les épaules, car dans ma robe d'été, j'étais gelée. Je proteste, sur le ton de l'humour au départ, ne voyant pas ce qui lui permettait une telle familiarité, ni en quoi ma tenue le regardait. Il me répond alors que mon look est ridicule, qu'il faut que je m'endurcisse, que je fasse comme son père a fait avec lui et comme il le fait avec ses enfants, à savoir supporter les petits désagréments de la vie et ne pas me plaindre pour si peu.
Interloquée par ce discours, j'en appelle à mon amie pour essayer de faire en sorte qu'il me fiche la paix, sans avoir à me fâcher. Celle-ci me comprend, elle trouve aussi qu'il fait un peu frais. Elle intervient auprès de Tom, tout en excusant son attitude, car il a un peu bu et vraiment c'est un être adorable. Je tiens encore quelques instants, mais comme il revient à la charge, je prétexte l'heure tardive, pour m'extraire de cette situation devenue franchement désagréable. L'histoire pourrait et aurait dû s'arrêter là, Tom ayant fini par me présenter des excuses.
Sauf que, lorsque j'ai revu ma copine quelques jours plus tard, elle m'a violemment prise à partie, me reprochant d'avoir gâché la soirée par mon attitude et mon départ précipité, pour conclure que puisque j'étais incapable de m'amuser et que j'avais blessé Tom, cet homme si extraordinaire, si charmant, si généreux et si dévoué à ses enfants, il était hors de question que je passe une nouvelle soirée avec eux. Le plus drôle, c'est qu'elle ne s'est absolument pas rendue compte que je n'avais aucune envie de renouveler l'expérience et que sa punition, car elle l'a formulée en ces termes, ne me dérangeait pas. Plus étrange encore, elle m'avait dit avoir lu et beaucoup apprécié mon livre, Petites violences ordinaires: la violence psychologique en famille. Comme quoi repérer l'agressivité de ses proches et la sienne propre n'est pas toujours évident...
Cette petite histoire, parfaitement authentique, montre comment un individu peut vouloir imposer sa volonté et son ressenti à un autre, dans une situation parfaitement triviale, et comment il refuse d'entendre raison y compris quand on lui demande courtoisement de respecter les souhaits d'autrui qui, en l'occurrence, ne le concernaient nullement. Elle montre comment la victime peut être, d'abord soutenue, puis complètement enfoncée par une tierce personne qui en vient à défendre l'agresseur en renversant les rôles, car elle ne peut mettre en doute l'image idéale qu'elle a de lui, et qu'elle a appris elle aussi à trouver acceptable et justifié ce type de comportement psychologiquement violent. Elle montre enfin, et j'avoue avoir trouvé extraordinaire que cela arrive spontanément dans la conversation, Tom ignorant ce sur quoi je travaille, qu'il s'agit bien d'une transmission intergénérationnelle et de la duplication d'une attitude que Tom avait subie et qu'il justifiait parce qu'il avait appris à la trouver bonne pour lui et donc pour ses propres enfants.
Tom était persuadé d'avoir agi pour mon bien, il avait fini par en convaincre ma copine, et je devenais l'agresseur dans cette affaire. On retrouve ici le schéma typique des relations d'emprise du PN et de la manière dont on peut en devenir victime. Si je n'avais pas été aussi sûre de mon fait, j'aurais probablement fini par me dire que j'avais sans doute exagéré et qu'il fallait que je lui pardonne. J'aurais mis le doigt dans un engrenage qui l'aurait autorisé à continuer, et ma copine aussi d'ailleurs. Je ne les ai revus ni l'un, ni l'autre, mais j'ai appris plus tard qu'ils n'avaient pas compris ma rupture de contact, car ils m'aimaient bien finalement, malgré mon "sale caractère" qu'ils étaient prêts, eux, à me pardonner!

lundi 19 août 2013

Les pervers narcissiques échapper ?

"Pervers et manipulateurs: comment leur échapper?"

 Par  , publié le

Diffusée au début du mois d'août, l'émission de France 2 Dans les yeux d'Olivier s'intéressait au cas des pervers narcissiques et manipulateurs en tous genres. La chercheuse Yvane Wiart, spécialiste du sujet, décrypte les cas présentés dans le programme télé.

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/pervers-manipulateurs-comment-leur-echapper_1273180.html#Mq3pGQTFcFtIpd0Z.99

Pervers narcissique, manipulateur, terroriste psychique, les mots font peur et après avoir vu l'émission Dans les yeux d'Olivier, titrée Sous l'emprise d'un manipulateur, on n'est nullement rassuré de découvrir que n'importe qui en apparence, même une personne brillante et cultivée, est susceptible de se faire piéger par de tels monstres et d'en voir sa vie totalement ravagée. Mais est-ce vraiment n'importe qui, est-ce vraiment n'importe quand, et insister sur l'impuissance à leur échapper ne revient-il pas à les rendre encore plus terrifiants et à leur donner plus de pouvoir qu'ils n'en ont réellement?

Témoignages et experts

L'émission regroupe quatre ensembles de témoignages. D'abord, celui des certains reclus de Monflanquin, membres d'une famille de notables, "séquestrée" par un escroc qui s'est approprié leurs biens dans une manipulation d'envergure. Suit le récit de Magali, dont la mère s'est érigée gourou d'une secte où elle l'a embrigadée d'office, puis celui de Sophie, piégée par son compagnon, pervers au double visage, ange et démon tour à tour. Enfin, on découvre l'histoire d'Anne qui a fait confiance à une psychanalyste, qui se mue bientôt en guide sectaire sous le nom de "Vierge de l'Apocalypse".
Plusieurs spécialistes de l'emprise interviennent aussi dans l'émission, tentant de répondre aux interrogations d'Olivier, qui ne comprend pas comment on peut se retrouver ainsi piégé, comment on peut perdre un jour toute volonté personnelle, toute lucidité, pour s'en remettre à autrui tout en acceptant sa violence. Le cas qui m'a le plus frappée dans ce contexte, en tant que spécialiste du couple et auteur de Petites violences ordinaires: la violence psychologique en famille, est celui de Sophie et l'analyse qui en est faite par Chantal Paoli-Texier.

Le double visage de la violence

Celle-ci souligne que le pervers narcissique ne s'en prend pas, comme on pourrait le croire, à une "femme fragile, vulnérable", mais à quelqu'un qui a "du répondant" parce que ce qui l'intéresse surtout, c'est de "briser" sa proie. Elle indique que les victimes privilégiées de ces prédateurs sont des personnes tournées vers autrui, professeur, infirmière, médecin, avocat, juge, etc., à l'écoute de l'autre, qui vont l'excuser, essayer de le comprendre, de le réparer. Sophie, elle, avait pour métier "d'aider les autres à se reconstruire", une psy peut-être? Chantal Paoli-Texier insiste aussi sur la complicité de l'entourage qui permet au despote d'asseoir son terrorisme parce que personne ne veut rien voir, rien entendre, ni rien dire.
C'est là passer un peu rapidement à mon sens, sur une des caractéristiques majeures de l'adepte de violence psychologique, comme je préfère l'appeler, à savoir son double visage, homme (ou femme) idéal(e) en public et tortionnaire en privé, ou encore se déclarant victime du déséquilibre mental de l'autre, capable d'apporter des preuves en ce sens aux témoins extérieurs, généralement loin de se douter que le comportement "étrange" de la vraie victime est le fruit d'un harcèlement et d'une terreur continus. Comment le pourraient-ils, puisque la victime réelle s'y perd elle-même, oscillant entre "pétage de plomb", déprime, voire pensées suicidaires, donnant l'image de quelqu'un de fou, comme le confirme l'amie de Sophie.

Le cas de Sophie

Les enfants de Sophie décrivent bien la situation, où leur beau-père s'enfermait dans la chambre parentale pour s'en prendre à leur mère. Celui-ci faisait donc tout pour ne pas avoir de témoins directs de sa violence, allant jusqu'à faire semblant de frapper Sophie, mais arrêtant son geste pour ne pas lui offrir de preuves physiques de ses maltraitances, afin qu'elle ne puisse rien tenter contre lui.
Ce qui est troublant encore dans le témoignage de Sophie, c'est la présence de signes de maltraitance dès le début de la relation. Dès le départ, son compagnon a exigé qu'elle soit joignable à tout moment et qu'elle lui rapporte ses faits et gestes. Dès le départ, il s'est mis à souffler le chaud et le froid en permanence, à la menacer, à la punir, à lui faire des reproches, sur son infidélité, sa vénalité, et elle a tout fait pour essayer "d'arranger ça". Manifestement, son amie n'aurait pas accepté un tel comportement, voyant Sophie se décomposer sous ses yeux à la découverte d'un message et lui disant d'arrêter de se préoccuper de ce téléphone, ou encore lui faisant remarquer qu'elle était comme une enfant battue qui retourne vers son bourreau, ne recueillant qu'incrédulité de la part de Sophie. Quand Olivier lui demande comment elle explique qu'elle ait tenu autant de temps (la relation a duré six ans), Sophie se méprend sur la question, y répond, semble-t-il, par rapport à ses envies de suicide et évoque ses enfants. Olivier reprend sa question ultérieurement et là, la réponse est "je ne me l'explique pas... il était rentré dans mon cerveau où il était en train de tout détruire par petites doses d'explosions... j'étais lobotomisée...".

Un enfant maltraité sera forcément violent adulte

Lorsque l'on s'intéresse à la violence psychologique et aux travaux scientifiques internationaux sur le sujet, on tombe immanquablement sur la théorie de l'attachement et sur ce que John Bowlby, son fondateur, a décrit des mécanismes de la violence intrafamiliale et de ses répercussions. Il affirme ainsi, preuves à l'appui, que l'adulte violent d'aujourd'hui est l'enfant abusé d'hier. Or, le compagnon de Sophie a bien été un enfant maltraité, ce qui l'a rendu encore plus touchant à ses yeux. Bowlby décrit aussi ce dédoublement de personnalité, si clairement observé par Sophie et ses enfants, d'un être qui peut passer d'une brutalité extrême à un calme souriant, comme si de rien n'était.
Bowlby explique que l'abus et la négligence affectives vécues dans l'enfance conduisent les individus, soit à dupliquer en permanence le comportement de leur agresseur d'origine, soit à alterner entre violence et soumission, soit à se maintenir dans la soumission, inconscients d'avoir été victime de maltraitance et persuadés au contraire d'avoir reçu beaucoup d'amour de la part de leurs parents. Ces enfants ont ainsi appris à ne pas voir la violence psychologique dont ils ont été victimes, à ne pas reconnaître combien ils en ont souffert. Ils ont appris à la trouver normale, voire à se dire qu'ils la méritaient, à se sentir coupables et à avoir honte, ou encore à se trouver justifiés d'utiliser les mêmes méthodes de chantage et de coercition avec autrui.

La théorie de l'attachement

Et l'émission montre nettement à quel point cette emprise est bien une histoire d'attachement. Anne et Magali ont été victimes de gourous qui se font appeler Maman par leurs adeptes qui acceptent de les placer dans ce rôle, au point de renier leur propre mère, elle-même accusée de violence. Amaury, un des fils de la famille de Monflanquin, parle de son besoin de reconnaissance, de sa recherche affective, qui l'ont fait se soumettre à un escroc, qui l'écoutait, le comprenait, le valorisait et lui venait en aide.
Magali souligne l'immense difficulté qu'elle a eue à reconnaitre la véritable violence de sa mère, qui la ravale au rang de simple adepte. Elle était tellement habituée à ses comportements excessifs, à ses colères, à sa capacité à faire pleurer autrui d'un claquement de doigts, qu'il lui a fallu le décès de son père, la découverte que sa mère lui avait totalement menti à son sujet, et le soutien actif de son conjoint, pour réussir à concevoir qu'une mère puisse abuser psychologiquement de ses enfants et que c'est ce qui lui était arrivé.
Or c'est justement de cela que parle la théorie de l'attachement, de cette violence intrafamiliale, si impensable et pourtant si courante, de la manipulation psychique à visée éducative qui se joue à huis clos, ou encore de l'indifférence et du rejet affectif de parents, eux-mêmes traités ainsi par le passé. Bowlby évoque très précisément tout cela dans ses conférences, et L'attachement, un instinct oublié, est un livre qui permet d'en découvrir les fondements scientifiques actuels et de comprendre l'impact à long terme de telles situations.
Faire prendre conscience à la société de l'existence de la violence psychologique, de son impact sur la santé psychique, mais aussi physique, est une nécessité actuelle, me semble-t-il, et une émission comme celle d'Olivier Delacroix y participe grandement. Mais il me paraît aussi important de faire savoir que les problèmes de violence psychologique, en particulier dans les relations entre proches, sont une question d'attachement. N'importe qui ne se retrouve pas victime ou agresseur, sans origines à rechercher dans son propre passé, et les périodes de vulnérabilité affective sont les plus propices à succomber à la violence, en tant que victime comme en tant qu'agresseur.
Quelqu'un qui a été écouté, entendu, compris et soutenu dans son enfance et son adolescence n'accepte pas un conjoint irrespectueux, et cela ne lui vient pas à l'idée de manquer de respect à autrui, car il est conscient du mal que cela peut faire. C'est aussi là la clé pour échapper aux prédateurs psychiques en tout genre : prendre conscience des éléments de violence psychologique subis dans son propre passé, permet de les reconnaître et de ne plus se faire piéger. La recette est assez simple, même si son application se heurte à l'image positive que l'on souhaite souvent avoir de ses propres parents. Mais le bonheur et la santé sont à ce prix et pour les victimes, c'est là l'enjeu de leur reconstruction, toujours selon les spécialistes de l'attachement.

>>> Klaus Buslaw, traite dans son roman "De l'Amour au Calvaire" avec les mots simples des victimes, le processus de manipulation et de perversion narcissique utilisés par les PN.  Il décrit comment la victime a réussi à les piéger et les confondre.   
Pour le commander, rendez-vous chez votre libraire ou sur amazon.com version papier ou ebook

Cordialement.

vendredi 9 août 2013


Mon conjoint est-il un pervers narcissique ?

Vous avez le sentiment que votre conjoint se sert de vous pour obtenir ce qu’il veut, qu’il s’arrange toujours pour que vous vous sentiez coupable et que vous ne lui en vouliez pas. Vous êtes très dépendante de lui, mais pas forcément heureuse...


S’il vous arrive de vous disputer en public, il est toujours celui qui garde son sang-froid, qui essaie de vous calmer et rationalise. En revanche, vous, vous élevez le ton, criez parfois, et pouvez même éclater en sanglots. Il ne se remet jamais en question. Vous, par contre, vous avez une fâcheuse tendance à culpabiliser.

Alors que certains psychiatres évoqueront le terme de pervers narcissique pour définir votre moitié, d’autres refuseront ce diagnostic. Rencontre avec le docteur Joffrey Carpentier, pour faire le point sur une violence conjugale sournoise et silencieuse.

- Qu’est-ce qu’un pervers narcissique ?

Tout d’abord, seule une définition de la perversion narcissique est envisageable, le pervers narcissique étant la personne qui en est atteinte. Ensuite, ce diagnostic est très contesté et ne rentre pas dans les classifications internationales. Ce concept a été développé par le professeur bisontin Paul Claude Racamier qui le définit comme ceci : "la perversion narcissique est une organisation durable caractérisée par la capacité et le plaisir de se mettre à l'abri des conflits internes et en particulier du deuil, en se faisant valoir au détriment d'un objet manipulé comme un ustensile ou un faire-valoir."

- Plus simplement…

"Pervers" parce qu’il s’agit de mettre en place une relation fondée sur l’écrasement de l'autre. Trouver ludique de rabaisser l’autre et y prendre du plaisir est une forme de sadisme. C’est pour cela que l’on peut parler de perversion. "Narcissique" parce que le pervers agit de la sorte pour se valoriser. Il est conscient de blesser et en tire une jouissance personnelle.

- Dans la vie de tous les jours, comment puis-je savoir que je suis en face d’un pervers narcissique ?

Le pervers narcissique est un être qui séduit. Physiquement parfois, mais surtout intellectuellement. Il est avenant, sécurisant, sûr de lui… Surtout lorsqu’il est face à une personne qui n’est pas très sécurisée. Tout tourne autour de lui et surtout tout doit s'arrêter quand il n'est pas là. Il est dans le contrôle total de l'autre, voire des autres. Il est ce gendre idéal des films de Woody Allen, bien sous tout rapport, qui dissimule si bien sa part d’ombre. Quelques indices peuvent vous mettre la puce à l’oreille : surestimation de soi, sentiment d'être unique, besoin d’être reconnu comme exceptionnel et critique mal vécue.

- Mais tous les hommes intelligents ou prétentieux sont-ils pour autant des pervers narcissiques ?

Non, évidemment. Un point clé est l'aspect manipulateur. Le pervers narcissique n'interagit pas avec les autres comme avec des personnes pensantes, animées de sentiments mais comme des objets de son monde qu'il va instrumentaliser à ses fins. Il joue en somme un rôle de super miroir avec l'autre en lui renvoyant une image d'un être parfait (sportif, moral, droit). Confronté à ce regard, l'autre est placé dans la culpabilité de ne pas être à la hauteur de ce "reflet" que le pervers lui renvoie. Dès lors, le piège se referme, et n'étant pas à la hauteur la victime fait allégeance à son bourreau.

- Et la victime dans tout ça, que peut-elle faire ?

Il ne faut pas sombrer dans une vision manichéenne. Toute relation se fait à deux : c'est 50/50. Pourquoi, à un moment donné, on ne voit pas (ou l’on ne veut pas voir) ce qui cloche dans ce type de relation ? Les victimes des pervers narcissiques sont souvent des femmes d’une grande intelligence, séduisantes et extrêmement généreuses. Le pervers narcissique voit en elles de merveilleuses proies pour glorifier son ego et profiter de leurs joies intérieures. Il est trop simple de se placer en victime d'un pervers sans se remettre en question. La victime voit en cet autre "parfait" l'image inconsciente d'un "père" (ou d'une mère) avec qui elle tisse une relation plus incestueuse qu'amoureuse. Il n’y a pas de solution miracle, mais les victimes qui arrivent à échapper aux griffes du pervers narcissique se sentent résolument libérées.



 

dimanche 14 juillet 2013

Of love at Calvary to Klaus Buslaw - subject love with the martyredom moral harassment and narcissistic pervert

The book "Of love at Calvary"(love with the martyredom) to Klaus Buslaw  www.kb-editions.com  It's a fine subject of the moral harassment and narcissistic pervert, into family. Novel is written in french.
Now, it's Sales on www.amazon.com,  "De l'Amour au Calvaire".
We search publisher and french library USA and all country of the world.
Your offers :
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Thanks
Klaus Buslaw

samedi 13 juillet 2013

Perversion narcissique... PN, manipulation perverse ..

Nous pouvons que constater que ce sont toujours les thérapeuthes qui écrivent sur le sujet, peu de victimes décrivent ce qu'elles ont vécu, par crainte d'être reconnues, par la honte de ne pas avoir "vu clair" pendant de nombreuses années, d'avoir été dupée si stupidement, par amour etc....
La violence morale est aussi un acte de maltraitance, ne l'oublions pas.

"De l'Amour au Calvaire" de Klaus Buslaw, décrit par un proche de la victime, la spirale infernale dans laquelle sombre la proie. Oui, la proie avec laquelle le ou la P.N joue, insuffle le chaud ou le froid à sa guise, prend et rejette, méprise, dénigre, diminue avec des moments de répit, juste pour déstabiliser la personne qu'il souhaite soumettre et / ou détruire.

Vous pouvez vous procurer ce roman soit sur www.amazon.com soit chez votre libraire.
Pour les professionnels : adresser votre commande via Dilicom ou en laissant vos coordonnées sur le site : www.kb-editions.com

Bien cordialement
KB-Editions

samedi 29 juin 2013

Perversion narcissique, manipulation perverse, ces mots vous interpellent ...

Ce roman relate simplement, comment la victime prend conscience des personnes qui l'entourent.
Enfin, elle sait que la P.N. ne changera jamais, qu'elle veut la détruire, mais jusqu'où ?

>>>>  "De l'Amour au Calvaire" de Klaus Buslaw en vente dans toutes les librairies.

vendredi 21 juin 2013


Emission sur la 5 d'Allo docteur du 19/06/2013 - et comme je vous l'ai toujours conseillé, il faut être extrêmement vigilant(e) tout le monde n'est pas pervers.
"De l'Amour au Calvaire" relate le processus employe par les pervers pour détruire et la victime met beaucoup de temps à se rendre compte et à prendre conscience qu'elle est confrontée à un(e) psychopathe.

Au plaisir de vous retrouver.

Cordialement


France 5 - 13h30 - Pervers narcissiques : la prise de conscience des victimes ?
Les réponses avec Sophie Peters, psychanalyste :
"Il y a une échelle d'exposition aux risques et aux faits. Notre société produit de la perversion en quantités astronomiques. Une société qui pousse les gens à la performance, à être toujours beau, toujours jeune, toujours dans le succès... crée cette perversion. Elle met en oeuvre les conditions de la perversion. Tout le monde n'est pas pervers narcissique mais à force de médiatiser et d'angler sur la liste des critères, on finit par faire rentrer son conjoint ou son épouse, voire son chef de service, dans les fourches caudines de la perversion narcissique dès que l'on est un peu en souffrance.
"Il faut être un peu méfiant et prendre un peu de recul. Le premier critère de la perversion narcissique, c'est soi-même. Il faut se faire confiance dans son ressenti car les vraies victimes ont du mal à se l'avouer à elles-mêmes. La vraie victime est dans une telle souffrance qu'elle n'arrive pas à tomber le masque. Elle est dans la honte. Souvent ce sont des personnes qui veulent bien faire et qui veulent réussir leur vie... La situation est particulièrement complexe."

dimanche 9 juin 2013

Un total de 174 personnes, en grande majorité des femmes, sont décédées en 2012, victimes de leur conjoint ou ex-conjoint. C'est 28 de plus que l'année précédente, selon une étude du ministère de l'Intérieur publiée ce samedi.
> Lire aussi notre dossier: le fléau des violences conjugales
"Tous les deux jours, un homicide est commis au sein du couple", souligne cette étude annuelle de la Délégation aux victimes du ministère de l'Intérieur.
L'an passé, 148 femmes et 26 hommes ont été tués par leurs compagnons ou ex-compagnons (conjoint, concubin ou pacsé). Le chiffre total de 174 personnes représente 22% des homicides et violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
Dans 77% des cas, les agresseurs ont utilisé une arme blanche ou à feu, les autres décès résultant de strangulation ou de coups. Dans près de 50% des cas, a été constatée la présence de substances (alcool, stupéfiants, médicaments psychotropes) susceptibles d'alterner le discernement de l'agresseur ou de la victime au moment des faits.

Le département des Alpes-Maritimes est le plus touché

Les départements des Alpes-Maritimes (11 cas), du Nord et de la Seine-Saint-Denis (8 cas chacun) ont été les plus touchés par le phénomène, suivis du Pas-de-Calais (7), des Yvelines (6) et des Bouches-du-Rhône, de l'Indre-et-Loire et de la Guadeloupe (5 chacun).
Dans un communiqué commun, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, et la ministre des Droits des femmes,Vallaud Najat -Belkacem, se sont dits "particulièrement déterminés à mettre en oeuvre tous les dispositifs nécessaires pour lutter plus efficacement contre ces violences qui brisent chaque année trop de vies et de familles".
Ils ont précisé qu'un nouveau plan interministériel de lutte contre les violences faites aux femmes était en préparation. Il est déjà prévu d'étendre le "téléphone grand danger", expérimenté dans certains départements pour mettre en relation rapidement une victime potentielle et un professionnel de la lutte contre ce type de violences, et d'améliorer la formation des policiers et gendarmes chargés de l'accueil des victimes et du recueil des plaintes.

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/societe/les-violences-conjugales-ont-tuees-174-personnes-en-2012_1255892.html#BMHiYmChLpGDYxrm.99

lundi 27 mai 2013

France-Info consacre une émission sur le "Harcèlement moral", dénonçons en force ces pratiques et aidons les victimes à "détecter"  les pervers narcissiques.

>>> France-Info : Lundi 3 juin 2013 à 14h20

Parfois plus dangereux que la violence physique : le harcèlement moral.

Harcèlement à Sup de Co Amiens : ouverture du procès en appel

Le Monde| • Mis à jour le
Le procès en appel de quatre dirigeants de Sup de Co Amiens, dont un seul avait été condamné en première instance pour des faits de harcèlement moral entre 2006 et 2009, s'est ouvert lundi 27 mais devant la cour d'appel d'Amiens.
Jean-Louis Mutte, l'ancien directeur général de Sup de Co Amiens est rejugé ainsi que trois autres prévenus, Roger Davis, le directeur délégué, Isabelle Mathieu, la directrice administrative, et Georges Pouzot, le directeur de l'Institut supérieur d'administration et de management, rattaché à Sup de Co sont rejugés. Ils sont opposés à sept salariés qui se sont constitués parties civiles.
En juillet 2009, une ancienne membre du comité de direction, déclassée en 2003, s'était suicidée en se défenestrant. Par la suite, une assistante pédagogique avait tenté à deux reprises de mettre fin à ses jours en laissant une lettre dénonçant ses conditions de travail.
Lors du premier procès, le ministère public avait dénoncé un "management pathogène", pratiquant "des manœuvres délibérément vexatoires pour écarter des salariés qui ont cessé de plaire".
Jean-Louis Mutte s'était vu infliger huit mois de prison avec sursis et 5 000 euros d'amende lors du premier procès, en mai 2012. Les trois autres prévenus avaient été relaxés. M. Mutte avait immédiatement fait appel de la décision. Le parquet avait également fait appel. "J'attends la relaxe complète, cette histoire n'a aucun sens, je n'ai jamais harcelé personne", a protesté, lundi à son arrivée au tribunal, Jean-Louis Mutte.
"Mon client a servi de bouc émissaire pour éviter le fiasco judiciaire qu'aurait constitué une relaxe générale, a dit son avocat, Stefan Squillaci. Lors du premier procès, les éléments factuels ont été interprétés pour sous-entendre une intention de harcèlement que M. Mutte n'a jamais eue." L'ancien directeur, qui a vu son poste supprimé lors de la restructuration de Sup de Co, est désormais enseignant dans le Var.
Par ailleurs, Bernard Désérable, le président de la chambre de commerce et de l'industrie d'Amiens et de l'association chapeautant l'école, comparaît de nouveau en tant que personne morale. En mai, il avait également été relaxé par le tribunal correctionnel.
"Le tribunal avait rendu un jugement elliptique et sommaire, les victimes attendent que leurs souffrances soient reconnues", a dit, pour sa part, Hubert Delarue, l'un des avocats des parties civiles.
Le procès en appel doit s'achever vendredi.
Hi, I have self published in French "De l'Amour au Calvaire" - "Of love at calvary" a story  to moral harassment and  narcissistic perversion into family. I search publisher and film director in the world, all country.
If you interessed by project, thanks contact me in english or french:
contact@kb-editions.com
Klaus Buslaw self author/publisher

mardi 7 mai 2013

Cher(e)s Ami(e)s,

La société d'édition KB-Editions et moi-même avons le plaisir de vous présenter "Messages Insolites" de Manon de Clarens,(Tous droits réservés) qui paraîtra fin mai 2013.
Il s'agit d'un recueil de nouvelles de phénomènes paranormaux perçus par une personne comme vous et moi.
Cordialement


Dear Friends,

The publishing company KB-Publishing and I have the pleasure to present you "Messages Unusual" Manon de Clarens, (All rights reserved) to be published in late May 2013.

It is a collection of stories of paranormal phenomena perceived by a person like you and me.
Sincerely

mercredi 17 avril 2013

Bonjour,

KB-Editions et Klaus Buslaw ont le plaisir de vous informer que le roman "De l'Amour ... au Calvaire" est désormais référencé chez Dilicom pour les libraires, et toujours en vente sur Amazon.com également.

>>> A paraître prochainement chez KB-Editions un recueil de nouvelles sur les phénomènes paranormaux.

A vous retrouver très vite !

Bien cordialement.

KB-Editions
Klaus Buslaw

vendredi 12 avril 2013

Cher(e)s ami(e)s,

Vous souhaitez acheter "De l'Amour au Calvaire" de Klaus Buslaw chez KB-Editions, nous vous   invitons à formuler votre commande auprès de www.amazon.fr
Pour les libraires et professionels :
1/ Ecrire votre message sur le formulaire de contact sur www.kb-editions.com. Nous vous recontactons rapidement.
2/ Dilicom

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2/ Dilicom

Merci / Thanks


mercredi 10 avril 2013

Bonjour,

Par ce post, j'attire l'attention que les pervers ne sont pas uniquement des personnes contemporaines, nous avons eu dans le cours de l'histoire des personnages, très marqués, par la perversion notamment  Joseph Staline. Je cite un document de Paul Fuks de l'Express publié le 05/03/2013

"Joseph Staline n'était pas paranoïaque, mais pervers narcissique"

Soixante ans après sa mort, le "petit père des peuples" est encore souvent décrit comme un paranoïaque. Mais Paul Fuks, médecin et psychanalyste, juge qu'il "n'avait pas l'excuse du délire", car il était bien conscient de ses actes. Analyse.
"Le paranoïaque est intimement persuadé de la réalité de ses persécutions, alors que de sources multiples, on sait que Staline n'était pas dupe de ses accusations - ce qui suffirait à récuser la paranoïa", explique Paul Fuks.
AFP
"L'homme le plus aimé des prolétaires du monde entier", Staline, est mort le 5 mars 1953. Après soixante années, notre douleur étant quelque peu surmontée et les connaissances en psychopathologie s'étant développées, le diagnostic de paranoïa qui lui est habituellement attribué peut être reconsidéré.
Ce diagnostic n'est donc nullement une erreur et il était longtemps tout à fait fondé, car pour la psychiatrie des années trente, paranoïa et perversion narcissique étaient confondues. Depuis les travaux de Paul-Claude Racamier (1986) elles sont désormais différenciées. Staline fut bien atteint de perversion narcissique*, tous les propos et comportements rapportés par les proches et les historiens le démontrent.
La délectation sadique d'un pervers sûr de son impunité
C'est la multitude des complots invraisemblables dont il se disait visé qui a convaincu de la paranoïa. Or le paranoïaque est intimement persuadé de la réalité de ses persécutions, alors que de sources multiples, on sait que Staline n'était pas dupe de ses accusations -ce qui suffirait à récuser la paranoïa. Mais le fait qui certifie la perversion narcissique, est une confidence consternante, souvent citée sans que sa signification psychopathologique soit relevée.

L'historien réputé Simon Sebag Montefiore, auteur d'une imposante biographie du cher homme, la relate ainsi: "Lors d'un dîner arrosé, Kamenev demanda à chacun autour de la table de dire quel était son voeu le plus cher dans la vie. Certains dirent les femmes, d'autres répondirent sincèrement que c'était les progrès du matérialisme dialectique vers le paradis prolétarien. Puis vient le tour de Staline: 'Mon plaisir le plus grand est de choisir une victime, de préparer des plans minutieusement, d'assouvir une vengeance implacable et ensuite d'aller me coucher. Il n'est rien de plus doux au monde.'"
Non, ici s'étale avec impudeur la délectation sadique d'un pervers sûr de son impunité. La perversion se lit dans l'inversion du caractère sexuel de la séquence décrite: choisir une victime = choix du partenaire, préparer minutieusement des plans = séduction patiente et longs préliminaires, assouvir une vengeance implacable = conclusion et orgasme, ensuite aller me coucher = sommeil post coïtal.
L'inversion est la définition même de la perversion par laquelle, ici, la jouissance est procurée par la mise à mort du partenaire de la dimension sexuelle sous-jacente au propos. La délectation sadique d'un pervers sûr de son impunité s'étale sans pudeur.
La paranoïa rassure et fait moins peur que la perversion et son mystère
Cette sincérité, surprenante chez cet homme si retenu, met à jour ce secret non-secret, ce caché-exhibé - impensable chez un paranoïaque - par lequel le pervers se plait à étaler au grand jour ce qu'il trame en secret et dont il jouit d'autant plus.
Quant à la "paranoïa galopante" qui aurait accompagné le net déclin de Staline après-guerre, elle ne correspond pas non plus aux descriptions des témoins. Extrême irritabilité, vertiges, trous de mémoire et syncopes à répétitions, radotage de sempiternelles mêmes histoires, éclats de rire à des sottises et à des plaisanteries futiles, goinfrerie aggravée, brusques éruptions de colère vis-à-vis d'individus fusillés depuis longtemps ou prises de décisions insensées, tout ceci évoque une sénilité manifeste et un syndrome démentiel progressif, d'évolution en paliers, avec déficit mnésique, labilité émotionnelle, irritabilité et apathie.
Ces signes ne devaient rien à la psychiatrie car l'autopsie a formellement confirmé la démence en objectivant une altération du tissu cérébral, de l'athérosclérose et surtout des cavités et des kystes dans les lobes frontaux, causés par de petites hémorragies cérébrales à répétition, qui expliquent les malaises à répétition des dernières années (plus l'"important foyer d'hémorragie, situé dans la région des centres sous-corticaux de l'hémisphère gauche", cause directe de l'hémiplégie finale). Donc, en langage de "docteur", ça donne: démence vasculaire par infarctus multiples.
La paranoïa, enfin, en tant que psychose chronique, n'évolue pas vers la détérioration intellectuelle, ce qui était précisément le cas de notre patient. Quant à la démesure aggravée de son obsession des complots, qualifiée de délirante, elle était l'expression de sa vieille méfiance perverse, exacerbée par la perception angoissée du déficit croissant des fonctions intellectuelles.
En tant que folie facilement repérable, la paranoïa rassure et fait moins peur que la perversion et son mystère, il est néanmoins préférable qu'un diagnostic soit juste.
Non, la monstruosité de Staline n'eut pas l'excuse du délire.
Par Paul Fuks,médecin et psychanalyste - http://www.paulfuks.info/

* Attention à ne pas confondre pervers narcissique et pervers sexuels. Ces dernières n'ont pas concerné Staline. Hétérosexuel, alliant virilité et pruderie, machiste à la mode géorgienne et appréciant la compagnie des femmes, il a passé sa vie politique dans un milieu exclusivement masculin.

 

mercredi 27 mars 2013



 
La perversion narcissique touche toutes les catégories socio-professionnelles. Elle est une arme de destruction massive sans que le pervers n'ait à se salir les mains par des actes de violences physiques. Il (le PN) détruit, en insufflant le chaud et le froid, il joue avec sa proie, ange ou démon en quelques secondes. Il atteint sa cible par des mots, des actes et des attitudes qui sont à eux seuls d'une telle violence, qu'ils déstabilisent la victime en permanence, qui au fil du temps sera atteinte de stress permanent qui aura un impact neurologique. La proie lui trouve des excuses, se voile la face pendant des années jusqu'au jour où elle a un sursaut, un instinct de survie qui lui permettra de prendre le dessus et fuir.

En vente sur amazon.fr ou auprès de votre libraire habituel.

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jeudi 3 janvier 2013

Perversion narcissique et enfants

Je vous transmet cet extrait ...............

Enfant de parent toxique -   


Extrait du livre : "pour en finir avec les tyrans et les pervers dans la famille", d' Yvonne Poncet-Bonissol

Une famille formidable

Toute la difficulté pour l’enfant confronté à un parent pervers narcissique réside dans un paradoxe : sa souffrance est d’autant plus gigantesque que tous les signes extérieurs de son développement, ainsi que ceux relatifs à son milieu familial, non seulement ne laissent transparaître aucune faille, aucune souffrance, mais renverraient même l’image d’une famille quasi parfaite, dans laquelle l’enfant se développe et grandit dans l’harmonie sans jamais poser de problème.
Par conséquent, cet enfant n’a aucun moyen direct de crier son malaise, aucune accroche possible dans cette illusion d’harmonie et cette réalité factice, aucune place pour une quelconque révolte : le piège est bien ficelé, l’image renvoyée est lisse, socialement correcte. C’est un peu comme avoir un revolver braqué dans le dos et être obligé de faire bonne figure pour ne pas que celui qui le pointe tire. Ne surtout pas attirer l’attention sur la face cachée de la réalité.

Seul au monde

« le sentiment dominant, de loin, chez cet enfant, est celui d’un isolement profond et d’une immense solitude », précise Catherine Salobir, psychologue clinicienne. D’abord parce qu’il n’existe entre son parent pervers narcissique et lui aucune transmission, quelle qu’elle soit. Rien ne lui est dit, rien ne lui est jamais raconté, ou alors, bien « enrobé » et « lissé ». Il prendra conscience, au fil des années, qu’il y a des trous dans son histoire, parce qu’il n’y a jamais eu de véritable récit à ce sujet. Les bribes d’information que l’enfant finira par obtenir ne seront que celles qu’il aura pu glaner de ci de là, au fil des conversations dont il aura été le témoin avec certains proches de la famille, ou de recoupements que lui seul sera parvenu à établir. Le pervers narcissique ne se dévoile pas, il ne livre rien. Ainsi, tant sur le plan de son histoire personnelle que sur celui des connaissances générales, l’enfant comprend très tôt qu’il doit tout découvrir et apprendre par lui-même. Il sait qu’il devra grandir seul, ce qu’il aura beaucoup de mal à pardonner.
L’enfant a par conséquent du mal à se situer dans son histoire, à trouver sa place, comme si le lien de la filiation n’existait finalement que sur les registres d’état civil. C’est là encore un paradoxe : son parent est bien vivant, mais en réalité, l’enfant se sent orphelin, à ceci près qu’il n’a aucune chance d’être adopté, ce à quoi il pense d’ailleurs parfois car cela signifierait enfin avoir un parent, c'est-à-dire quelqu’un qui sait que l’essentiel est dans le don et l’échange, quelqu’un qui « sait vivre ».
Le pervers narcissique vit avec son enfant, mais séparément ; ils ne partagent rien. Sécheresse absolue. Un gouffre infini les sépare. Le parent ne sait pas ouvrir les portes de son cœur, symboliquement tenir chaud et envelopper. C’est un langage qu’il ignore complètement et dont il ne veut rien entendre, préférant se réfugier dans une intellectualisation quasi systématique des évènements de la vie, qui lui permet habilement, (car il s’agit en général d’un être brillant), de ne pas aborder les sujets sensibles tout en jouissant d’un pouvoir de fascination sur son entourage, qui se laisse, hélas, berner.
De cette mascarade, l’enfant est témoin, mais il a appris à dissimuler sa nausée et son chagrin. Sa plaie est à l’intérieur, comme sa solitude. Que son parent soit donc rassuré, pour l’heure tout semble – désespérément – normal.
Le pervers narcissique ne présente son enfant aux autres qu’à travers son propre narcissisme, ce qui le valorise aussi. De fait, l’extérieur ne perçoit cet enfant qu’à travers la description qu’il lui en fait, et le méconnaît. Une fois encore, nous sommes dans le domaine de l’image, de l’apparence. L’enfant expérimente la solitude qu’il y a à ne pas être reconnu et compris, à peaufiner l’image du foyer parfait, comme un accessoire dernier cri qu’il est de bon ton d’afficher.
Il arrive néanmoins que certaines personnes proches de l’entourage familial parviennent à saisir quelque chose de cet enfant : capables d’une réelle écoute et de se faire leur propre idée sur lui, sans être influencés par le discours ambiant des parents, ils établissent avec lui une relation sincère et vraie, simplement parce qu’ils le regardent, lui.
Cette situation nouvelle procure à l’enfant un profond bien-être, même si, dans le même temps, cela ne fait qu’intensifier sa souffrance de réaliser que ses proches sont incapables de saisir au quotidien ce que d’autres, plus éloignés et plus anonymes, ont su percevoir.
Un dernier aspect du sentiment d’isolement est directement lié à l’autre parent, le conjoint sur lequel le pervers narcissique exerce une emprise considérable, pris dans une relation de soumission, avalé par celui qui organise et centre chaque instant de la vie autour de lui, devant abandonner presque totalement son rôle de parent pour se dévouer exclusivement à celui d’époux ou d’épouse. L’enfant est doublement orphelin de ses parents : il réalise l’impensable, il lui faut faire son deuil et surmonter l’anachronisme qu’il y a à vivre avec ceux qui sont déjà morts, qu’il doit déjà « enterrer ».

Qui suis-je ?

L’affirmation de soi est également très délicate pour l’enfant : n’ayant pas de place réelle, il a beaucoup de mal à se manifester autrement qu’à travers ce qu’il a compris de ce qu’il devait être. Il ne réclame jamais grand-chose, n’est quasiment jamais demandeur. Il sait qu’il doit se glisser dans le costume tristement étroit qu’on a confectionné pour lui, sinon il deviendra un étranger. Il n’y a pas d’espace pour la contestation, qui serait immédiatement étouffée et violemment réprimée. L’enfant perçoit très tôt, dans ce simulacre d’équilibre, l’intolérance de son parent à toute forme de différence, à tout ce qui ne lui ressemble pas. La singularité est taboue.
La discrète mais réelle dictature ambiante ne laisse évidemment pas de place à la discussion, à l’échange de points de vue différents, puisque rien ne doit risquer de menacer l’ordre établi et le sentiment de toute puissance que le pervers narcissique défend envers et contre tout. L’enfant sait que c’est ailleurs qu’il pourra vivre libre, qu’il doit pour l’instant se taire s’il ne veut pas être rejeté ou risquer de confronter son parent à son propre néant. Il ne s’oppose pas de front au pervers narcissique, il se réfugie souvent dans le silence, ce qui lui vaut alors d’être défini comme un enfant sage et bien élevé, un enfant modèle qui vient redorer bien malgré lui le blason du narcissisme du parent, qui, incapable de la moindre empathie, à aucun moment ne réalise l’artificiel de cette attitude.
Ce silence imposé verrouille chez l’enfant toute verbalisation des sentiments et des affects. La parole avec le pervers narcissique ne s’articule qu’autour de discussions où les émotions ne transparaissent jamais parce qu’elles sont dangereuses pour lui, risqueraient de l’affaiblir, de le rendre vulnérable et de lui faire perdre son pouvoir. Son discours, souvent empreint d’une culture à vertu protectrice, est toujours sérieux ». Sa parole, sa pensée, doit occuper tout l’espace, tant celui des autres que celui de leurs émotions. Ici, on ne s’épanche pas, on raisonne. Ici, on ne vit pas, on est mort.

Une île au milieu des gens

Le fardeau que supporte l’enfant du pervers narcissique a un impact sur ses relations avec le monde extérieur.
Sur le plan relationnel, l’enfant dans sa famille témoigne d’une raideur forte vis-à-vis du contact physique. Les rares étreintes avec le parent ne sont pas chaleureuses, comme si l’enfant se préservait de manière inconsciente, d’une dangereuse contamination. Au quotidien, ce contact physique se réduit au strict minimum, comme s’il fallait mettre le plus de distance entre la vie et la mort. Il faut dire que le parent narcissique n’est pas lui non plus enclin au contact physique.
Sur le plan social, il ne sera pas facile à l’enfant de nouer des contacts avec les autres. D’avoir vécu auprès d’un parent intolérant à toute différence, systématiquement dans le jugement et préoccupé par l’apparence lui aura rendu difficile toute spontanéité et toute intégration dans un groupe : du temps lui sera nécessaire.

L’enfant du pervers narcissique, qui a appris à survivre à la tragédie des faux-semblants, a toujours eu en lui la connaissance intuitive et très précoce qu’il échapperait au piège de son parent et qu’il trouverait, dehors, la terre qu’il devait conquérir pour vivre libre (sauf si les manipulations font apparaître le monde extérieur comme dangereux, auquel cas il sera pris dans un filet de contradictions inconscientes plutôt paralysant).
Plus âgé, il « sait » qu’il est un rescapé, qu’il est passé à côté de ce qui aurait pu l’enterrer vivant, le rendre taciturne ou pire. C’est pourquoi il a parfois la rage de vivre chevillée à l’âme, la rage d’exister, de dire, de se dire, et surtout de partager, de transmettre. Dans ce duel ultra sophistiqué, le pervers narcissique n’est pas parvenu à mettre la voix de son enfant en échec, ni sa richesse, ni sa chaleur.
L’immense solitude dans laquelle il l’aura fait vivre pendant des années aura fait naître un sentiment de force et d’indépendance, même s’il met du temps à se révéler. Il a grandi seul, est devenu fort et avide de liberté, lui qui a connu la prison. Il saura jouir de la vie d’une manière qui déplaira certainement à son parent, confronté à son propre vide et à son affligeante inconsistance. Tel est le destin d’un enfant parvenu à faire de sa souffrance l’œuvre d’art de sa vie.
Belle et Heureuse Année 2013 - Meilleurs Voeux

Happy New Year 2013 - Best Wishes

samedi 8 décembre 2012

Les pervers narcissiques l'express en parle le 2/11/2012

Les pervers narcissiques en dix questions

Par Elvira Masson, publié le
Qui sont ces "vampires affectifs", comment les repérer et, surtout, comment s'en débarrasser ? Alors que de nouveaux livres viennent étayer le propos, notre enquête sur le phénomène.
Les pervers narcissiques en dix questions
PSYCHO - Les pervers narcissiques pourraient bien être nombreux dans notre société à l'individualisme exacerbé.
AltoPress / Maxppp

A en croire les discussions de bureau, ils seraient des millions. Quiconque souffre d'un chef de service tyrannique, d'une soeur médisante ou d'un fiancé de mauvaise foi crie au PN. Parce que, quand on jargonne psy, c'est PN que l'on dit. Et, à en croire également l'inflation de livres consacrés au sujet, il se pourrait bien qu'ils soient plus nombreux que jamais, tant notre société exacerbe l'individualisme... bien qu'il n'y ait aucun chiffre pour le prouver.
Mais, d'abord, qu'est-ce qu'un pervers, en langage psy? "C'est quelqu'un qui pense avant tout à sa toute-jouissance et qui, pour la satisfaire, transforme l'autre en objet. Quant au narcissisme, c'est un mal très contemporain ; c'est être tourné sur soi-même au point de l'obsession", répond le psychologue Serge Hefez. Avant d'ajouter: "Nous sommes dans un instant de civilisation où l'estime de soi est très importante, mais, là, elle devient pathologie."
Rappelons que le narcissisme est sain en soi, car il nous permet de nous construire. Comme l'explique le psychologue clinicien Didier Pleux, auteur de De l'adulte roi à l'adulte tyran (Odile Jacob), "il est tout à fait normal de bien s'aimer et d'avoir une petite dose de narcissisme, car c'est un présupposé fondamental pour accepter les autres et les aimer à leur tour. Mais les narcissiques sont, eux, incapables d'empathie. Le "sentiment de l'autre" leur est étranger. Ils ne ressentent jamais de culpabilité, de gêne, s'il leur arrive de blesser autrui, de le gruger, de le manipuler."
Le PN est pire encore: il n'est que manipulation et désir de nier l'autre, en même temps que recherche sans fin de l'autre pour le vampiriser et se valoriser à ses dépens, donc à des fins d'exploitation. Ceci est d'une violence inouïe, mais insidieuse. Car le pervers est un merveilleux comédien, un Dr Jekyll et Mr Hyde en puissance, qui, pour ne pas tomber dans la schizophrénie, instaure une relation schizophrène. Un être qui agit "par-derrière" et dont on se dépêtre avec la plus grande difficulté. Avec l'aide et sous le contrôle de Jean-Charles Bouchoux, psychanalyste, auteur des Pervers narcissiques (Eyrolles), tâchons, en dix questions, de saisir les contours de cette pathologie dont on parle tant... Et de cesser de crier au PN sans raison.

1- Y en a-t-il plus qu'avant?

C'est une pathologie rare. Ces temps-ci, on a trop tendance à voir des dynamiques de bourreau-victime un peu partout. Serge Hefez dit que, depuis que Le Harcèlement moral, la violence perverse au quotidien, de Marie-France Hirigoyen (2), est sorti, son cabinet est plein de patients qui viennent parler de leur PN de conjoint, de parent, de boss... Jean-Charles Bouchoux pointe, lui, du doigt un mal de l'époque : celui de vouloir chercher un coupable à tout, et à tout prix, pour payer à sa place. Attention, ce n'est pas parce qu'il y a du mensonge, de l'infidélité ou de la froideur qu'il y a forcément un pervers.
L'idée de manipulation, qui préside à la destinée de ce personnage, est difficile à cerner. Le PN est le Tartuffe de Molière. Son apparence est trompeuse: on le croit sincère et plein d'empathie. Cela fait de lui ce que Michel Onfray appelle un "délinquant relationnel". Pour autant, le terme ne figure pas dans le répertoire des maladies psychiatriques. C'est un concept psychanalytique et non pas psychiatrique, formalisé par Paul-Claude Racamier dans les années 1980.

2- Pourquoi pourrait-il y en avoir plus qu'avant?

"Nous vivions autrefois dans une société oedipienne, mais on a tué Dieu et on ne l'a pas remplacé. Nous sommes donc plus que jamais dans une société narcissique qui manque cruellement de pères", analyse Jean-Charles Bouchoux. Les pervers pourraient être plus nombreux qu'autrefois, selon lui, à cause du déclin de la fonction paternelle. Nous serions en effet passés du patriarcat au matriarcat. Or, il existe bien une fonction paternante et une fonction maternante (qui n'ont pas forcément à voir avec le clivage homme-femme, d'ailleurs), dont la coexistence est cruciale pour la bonne construction psychique.

3- Pourquoi et comment devient-on pervers?

Le pervers a gardé une structure infantile. Citons un exemple donné par Jean-Charles Bouchoux. Un homme demande à sa femme de monter avec lui en voiture, il fait une marche arrière et emboutit la voiture de sa femme, garée juste derrière la sienne. Immédiatement, il se retourne contre elle et lui dit: "Mais pourquoi étais-tu garée à cet endroit? !" Il se comporte comme un enfant qui ne supporte pas d'être pris en défaut. Il ne supporte pas le conflit intérieur et, dès qu'il en rencontre un, il le projette sur l'autre.
Freud disait que les enfants sont des pervers polymorphes qui passent par divers stades, l'exhibitionnisme par exemple, pour se structurer psychiquement. Parce que le père, ou la figure paternelle, n'a pas joué sa fonction d'apprentissage de l'altérité, que la mère a toujours nourri l'enfant sans jamais le sevrer, au sens figuré, l'enfant ne formule pas de désir et ne connaît pas la frustration. Son surmoi ne peut donc pas se constituer. Or le surmoi fait appel aux valeurs morales. Le PN n'en est pas totalement dépourvu - contrairement au psychopathe -, mais la frontière est ténue. En schématisant, et au sens figuré, le psychopathe n'a pas eu de père et le pervers a eu un mauvais père qu'il ne peut plus entendre. Cela dit, ce dernier peut devenir psychopathe en cas de rupture, amoureuse, familiale, professionnelle...

4- Quels sont les signes qui permettent de le repérer?

Rappelons que la perversion narcissique ne concerne que les adultes: un enfant ne peut pas souffrir de cette pathologie puisqu'il n'a pas encore terminé son développement psychique. Le pervers a pour objectif de restreindre, de soumettre et d'avilir sa victime. Mais ses méthodes sont sournoises. Pour ne pas devenir fou, il pousse l'autre à le devenir. C'est un flatteur et un énorme séducteur. Il va dire : "Je t'aime, mais..." et citer toute une liste de raisons pour ne pas vous aimer. Il n'a pas d'empathie et ne reconnaît jamais ses torts. Il passe son temps à dénigrer sa victime. Il reproche à l'autre d'être coupable de torts qui sont en réalité les siens. C'est ce qu'on appelle l'identification projective. Un mécanisme qui rend la victime impuissante jusqu'à ce qu'elle en comprenne le fonctionnement. C'est évidemment quelqu'un qui ne s'excuse jamais. C'est ce qui peut le différencier d'une personne à simple tendance tyrannique.

5- Peut-on être "légèrement" PN?

Le besoin de tout critiquer en permanence, d'être dans un dénigrement systématique signe en effet une tendance perverse. Le propre des "vrais" pervers est qu'ils ne consultent jamais. C'est précisément quand ils ne le sont pas assez, ou légèrement seulement, qu'ils consultent. Là, le psy doit être très vigilant, ce qui ne suffit pas forcément tant le pervers en puissance est manipulateur et joue les victimes. Car, si le psy commence à le déculpabiliser, celui-ci deviendra pervers. Le psy doit même laisser son patient face à sa culpabilité !

6- Peut-on être pervers au travail,mais pas dans le couple, et inversement?

C'est parfaitement possible. On peut être un toutou au travail et un tyran à la maison, et l'inverse. Le pervers fonctionne sur le clivage : ceux qui me ressemblent sont bons, ceux qui sont différents sont mauvais. Il a peur de se couper en deux. Ce clivage peut ne s'exercer que dans une sphère. On peut n'être pervers que quand on est amoureux. On peut très bien également ne l'être qu'avec son conjoint et pas avec les enfants, et inversement.

7- Un pervers peut-il rendre pervers?

A l'exception des enfants, qui n'ont pas encore établi pleinement leur structure, il ne peut pas rendre l'autre structurellement pervers. Pour le devenir, il faut y être prédisposé. Le pervers nous pousse à la dépression, à la violence, à la maladie... Il s'agit bien souvent de réponses conjoncturelles. Il peut être normal de répondre ponctuellement à une agression par un mécanisme pathologique, ça ne fait pas de nous des pervers. Cette question en induit une autre: n'est-il pas pervers de traiter quelqu'un de pervers? La réponse, selon Jean-Charles Bouchoux, est qu'en effet "il est tentant d'attribuer à l'autre ce que l'on sent en soi".

8- La victime du PN porte-t-elle une part de responsabilité?

Il existe des traits communs aux victimes de manipulateurs. Elles sont généreuses, sincères, ouvertes aux autres, font facilement confiance, mais sont souvent à la recherche d'une relation qui les aide à se structurer. Elles préfèrent s'inscrire dans le désir de l'autre plutôt que d'exposer le leur. Dans certains cas, les victimes ont un penchant masochiste. Elles ont souvent en commun avec les pervers une faille narcissique, mais la leur est plus ou moins profonde. Chez elles, celle-ci peut être simplement conjoncturelle.
La victime, à l'inverse du pervers, projette de l'amour et, souvent, renarcissise son partenaire, ce qui la rend d'autant plus insupportable pour le pervers. Elle est habitée par le doute, le désir de faire mieux, d'être à la hauteur. Ce qui peut la conduire à surjouer son personnage. Mais il est très délicat de parler de responsabilité. N'oublions pas qu'elle reste une victime.

9- Comment le neutraliser?

"Tuez-le, il s'en fout. Humiliez-le, il en crève", écrit Paul-Claude Racamier dans Le Génie des origines. Si vous vous mettez en colère face à lui, surtout en public, il retournera cette agressivité contre vous et profitera de la situation pour affirmer que vous révélez enfin votre vrai visage, que vous venez d'apporter la preuve de votre dysfonctionnement. Mais si vous le blessez, l'humiliez (sachant que la victime le fait rarement, parce qu'elle le protège), en démontrant que c'est lui qui est mauvais, Paul-Claude Racamier explique qu'il pourrait entrer dans une phase suicidaire. L'idéal est de couper court à toute relation avec le PN. En réalité, il n'y a pas d'alternative. Et il ne faut surtout pas tenter de se justifier ; il tâcherait immédiatement de retourner la rhétorique contre vous. La seule chose que l'on puisse lui dire, c'est : "Mais qui es-tu pour me dire ça?" Il faut renoncer à comprendre, également. Nous avons tous besoin de formuler: "S'il agit ainsi... c'est parce que...", or il n'y a pas de "parce que".

10- Un PN peut-il guérir?

On ne soigne pas son conjoint, ni ses parents, ni son chef de service. Le PN n'est jamais soignable par sa victime. Or la victime souffre parfois du "syndrome de la réparation". La thérapie est envisageable, mais le PN est tellement manipulateur - il érige la manipulation au rang de norme - que les réussites sont rares...

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Nous vous conseillons le roman "De l'Amour au Calvaire" de Klaus Buslaw  qui décrit d'une manière simple, le processus adopté par le pervers nacissique ou manipulateur pour soumettre sa proie. Vous vous immergez dans une vie de couple qui a tout pour réussir, mais dont le (s) PN usent de tous les stratgèmes pour détruire, anéantir leur vie, leur amour, jusqu'où ??

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